Le 2 septembre 1909, Santos Dumont décollait de l'aérodrome de Saint-Cyr-l'Ecole pour Buc avec son aéronef, la "Demoiselle".
Un siècle plus tard, est-il possible de maintenir 78 000 mouvements d'appareils par an, générant des nuisances sonores considérables, au-milieu d'une zone urbanisée, sans mesures sérieuses de protection des riverains ? A) Pose de "silencieux"
Dans son dernier livre, Bernard Chabbert, pilote, journaliste et expert aéronautique, écrit :
" Certes, les aviateurs ont des responsabilités. Ils doivent faire en sorte de faire évoluer l’aviation en accord avec les nouveaux impératifs, et par exemple il est scandaleux de constater que les responsables aéronautiques français n’aient pas encore placé, comme cela a été fait depuis longtemps en Suisse, la systématisation de silencieux sur les avions légers exploités dans le pays qui a fait naître ce fait de civilisation voici un siècle."
Cette remarque rejoins exactement la demande des riverains de l'aérodrome.
B) Plages de "moindre bruit"
De nombreux aéroclubs ont compris qu'ils ne pourraient poursuivre leur activité à l'avenir, sans tenir compte des nuisances sonores auprès des riverains. Ils ont donc accepté la mise en place de "plages de moindre bruit". Cette mesure consiste à interdire le vol des appareils, non équipés de "silencieux", durant de larges périodes au cours des week-ends. Par exemple, l'aérodrome de Toulouse-Laborde a adopté cette mesure tous les après-midi des dimanches.
A Saint-Cyr-l'Ecole, des "plages de moindre bruit" ont été mises en place en 2008, d'avril à septembre, de 12 à 14 heures pour les seuls "tours de piste".
L'impact des nuisances sonores auprès des habitants est si élevé, qu'une suppression totale des vols doit être imposée les après-midi des week-ends pour ce loisir à Saint-Cyr-l'Ecole.
| C) Les trajectoires d'accès à l'aérodrome
Deux couloirs étroits, entre les habitations, sont utilisées par les pilotes pour quitter ou d'accéder à l'aérodrome de Saint-Cyr-l'Ecole (voir ci-dessus).
La très large Plaine de Versailles, sans habitation, offre une autre possibilité d'accès. Cette trajectoire, autorisée règlementairement, reste peu utilisée par les pilotes.
Une décision du Secrétariat d'Etat aux Transports du 4 décembre 2007, consécutive au "Grenelle de l'Environnement", devrait permettre de développer l'usage de cet accès, en supprimant les contraintes actuelles.
En effet, dans le but de réduire les nuisances sonores à l'approche des grands aérodromes parisiens, la décision a été prise de relever de 300 mètres, l'altitude de tous les avions de ligne à l'arrivée de la région parisienne (voir http://www.equipement.gouv.fr/index.php3 et diapo. n°7 de :
Cette mesure devrait avoir une incidence directe sur la règlementation aérienne des "vols à vue" ou VFR. Le relèvement de 300 mètres du plancher des vols commerciaux, doit permettre de relever d'autant le plafond des vols à vue, limité actuellement à 340 mètres sur une large partie de la Plaine de Versailles vers l'Ouest. Les sorties vers l'Ouest pourraient utiliser ce couloir, au travers des pistes de Chavenay, nettement au-dessus du trafic de cet aérodrome (plus de 300 mètres), sans intégration à son circuit.
Un plafond VFR à 640 mètres entre Saint-Cyr-l'Ecole et Chavenay, au-lieu de 340 mètres actuellement, aurait plusieurs avantages:
- la sécurisation des vols de "tours de piste",
- la réduction des nuisances sonores par éloignement vertical des appareils,
- la suppression des couloirs étroits Nord et Ouest à double sens de circulation.
Cette mesure, proposée par l'ADECNAP depuis un an (voir Etude et carte en pièces jointes), a été refusée par la DGAC sans étude sérieuse. En 2009, elle a de nouveau été proposée en réunion de Préfecture (voir lettre à Monsieur le Secrétaire Général en pièce jointe) et en réunion au Secrétariat d'Etat au Transports, avec le soutien des Maires des communes de Villepreux, des Clayes sous Bois et de Plaisir.
Les riverains, éxcédés par les nuisances sonores, attendent de la DGAC, une étude sérieuse de la proposition ci-dessus.
Si après étude, il s'avère impossible de modifier la situation actuelle, intolérable pour les riverains, les autorités (Préfecture, DGAC, ADP) doivent décider de l'arrêt des activités aériennes de l'aérodrome de Saint-Cyr-l'Ecole. De très larges possibilités restent offertes aux pilotes en région parisienne pour pratiquer leurs loisirs en toute sécurité et sans dommages pour l'environnement.
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